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11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 10:39

Les deux femmes ont été mises à pied. La direction leur reproche d'avoir utilisé à des fins personnelles un bon d'achat destiné à un client

Un rassemblement était organisé ce lundi par la CGT devant le centre commercial Leclerc de la Teste-de-Buch, en soutien à deux caissières de l'hypermarché.

Elles étaient en effet convoquées pour un entretien préalable à un licenciement après avoir été mises à pied le samedi 28 mai.

La direction leur reproche d'avoir utilisé à des fins personnelles un bon d'achat destiné à un client. Mais selon, Corine Navaro, l'une des deux caissières qui est aussi déléguée syndicale CGT, il s'agit d'une volonté de la direction de l'écarter.

Depuis son élection au comité d'entreprise, la représentante du personnel s'est battue pour obtenir de nouveaux droits pour les employés du magasin. Une pugnacité qui selon elle, dérange la direction du magasin.

Par le biais de sa juriste, la direction du centre commercial confirme qu'une procédure de licenciement est bien engagée à l'encontre de deux salariées mais elle refuse de s'exprimer sur le fond de l'affaire. En revanche, elle précise "il est certain que nous ne serions pas engagés dans une telle procédure si nous ne disposions pas d'éléments irréfutables qui n'ont bien entendu aucun lien avec une quelconque appartenance syndicale."

Source: Sud Ouest

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11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 10:38
les salariés de Cora dénoncent des atteintes à la vie privée

« On est fliqués ici. Nos vies privées et nos libertés ont été bafouées ». Les salariés du grand supermarché Cora, de Garges-lès-Gonesse sont sous le choc. Lundi, l’inspection du travail les a informés que leurs moindres faits et gestes étaient filmés par les caméras de vidéosurveillance du magasin. À l’intérieur, comme à l’extérieur de l’établissement. De la plaque d’immatriculation de leurs véhicules à la simple sortie du magasin, ces employés ont été filmés, à leurs dépens.

Une utilisation des caméras considérée comme « détournée de leur usage initial », selon Marie Paulini, hôtesse d’accueil chez Cora. « Ils souhaitent se débarrasser de nous depuis que l’on a organisé une grève au mois de mars, donc ils veulent trouver la faute qui nous éliminera », dénonce l’employée. Le 25 mars dernier, les délégués du personnel, membres du Syndicat du Commerce Indépendant et Démocratique (SCID), organisent un mouvement de grève pour dénoncer les tensions qui subsistent depuis des années dans le supermarché. « Le directeur du magasin, et la responsable des ressources humaines nous font vivre un enfer, regrette Marie Paulini. Aucun de nous ne travaille dans de bonnes conditions, et cette situation perdure depuis plus de dix ans. Chaque année ça empire, alors nous avons décidé d’agir avec la dernière mobilisation ».

p>À la suite de la grève, le directeur de l’établissement, Marc Rohner, et la responsable des ressources humaines, Farah Thery, font appel à un huissier de justice et lui transmettent les extraits vidéo des caméras de vidéosurveillance. Le comportement des salariés manifestants y est relaté minute par minute. « On ne pensait pas que la grève était interdite, proteste Serge Camilo, employé et membre du SCID. Ici, c’est la dictature, et le pire, c’est qu’ils ne nous ont pas espionnés seulement pendant la mobilisation ». Le 31 mars, nouveau procès-verbal établi par l’huissier de justice. Cette fois-ci, le responsable de Cora fournit les extraits vidéo dévoilant le quotidien des salariés depuis le 14 mars. Dans le document, les salariés sont mentionnés, leurs allées et venues détaillées. « Sur ce fichier vidéo, on peut voir Mme Paulini faire un achat, puis quitter le magasin en prenant sur le parking un véhicule ». Dans une autre partie du procès-verbal, l’huissier de justice commente un fichier vidéo filmant une salariée située à l’intérieur de Cora : « Madame Paulini est toujours à la cafétéria ». Pourtant, la Commission nationale des libertés et de l’informatique (Cnil) précise que « le système vidéo ne doit pas être utilisé pour surveiller les salariés du magasin, mais à des fins de sécurité des biens et des personnes ». Pour les salariés de Cora, « cette atteinte à la vie privée doit être dénoncée ».

Le directeur de l’établissement et la responsable des ressources humaines n’ont pas souhaité répondre à nos questions. Les employés de Cora vont intenter une action devant le conseil de prud’hommes de Montmorency ce vendredi : « Nous allons nous battre jusqu’au bout. Et nous n’hésiterons pas à saisir la Cnil ».

Source: Leparisien.fr

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 11:19

Michel-Edouard Leclerc n'a pas du tout apprécié la critique de Périco Légasse. L'homme d'affaire reçu dans l'émission Le Divan de Marc-Olivier Fogiel mardi 7 juin est revenu sur sa vie de famille et son rapport à l'argent.

Il a également été confronté à une critique du journaliste Périco Légasse sur sa demande aux agriculteurs de baisser le prix du porc de 4 %.

"C'est un salaud", a simplement fini par dire Michel-Edouard Leclerc pour commenter la critique du journaliste.

Visiblement agacé par l'attaque de Périco Légasse, le patron des magasins Leclerc a aussi dit ressentir de la pitié pour Périco Légasse qui "n'existe pas par lui même, avec une idée positive et a besoin de [lui] pour faire son repoussoir"

source: Le HuffPost

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 12:04

Le président de l’Autorité de la concurrence dressait un bilan de son activité de gendarme des pratiques anticoncurrentielle pour 2014. Qui fait apparaître un record pour le montant des amendes infligées aux entreprises pour entente. Il a également évoqué le rapprochement Auchan-Système U et indiqué que 40 magasins Dia sur 50 avaient été vendus à… Auchan et Intermarché.

Michel Sapin, le ministre des Finances, a dû se frotter les mains. Même si ce n’est pas l’objectif, l’Autorité de la concurrence a sanctionné les entreprises pour pratiques anticoncurrentielles pour un montant de 1, 014 milliard d’euros en 2014, qui sont versés au budget de l’Etat. C’est un record puisque les amendes culminaient à 160 M€ en 2013, et qu’il faut remonter à 2005 et aux 755 millions d’euros payés par les géants de la téléphonie pour trouver une somme aussi conséquente. En comparaison, le budget de fonctionnement de l’Autorité paraît ridicule : 20 milllions d’euros. Il devrait être augmenté dans la prochaine loi de finances.

“Comportements compulsifs”

“Nous assumons une politique ferme de dissuasion de certains comportements parfois compulsifs pour entraver la concurrence, indiquait Bruno Lasserre, président de l’Autorité de la concurrence, particulièrement en verve. Les entreprises mettent par ailleurs en balance les risques et les profits, et c’est pourquoi les sanctions anti-trust doivent rester dissuasives”. Par cette voie, il entend aussi participer à la “réinvention” de l’économie, pour la rendre plus compétitive. Il s’est félicité du large champ couvert par les décisions de l’Autorité, qui touche à tous les produits de la vie quotidienne.

Source: LSA

LES ÉNORMES AMENDES DE L’HYGIÈNE ET L’ENTRETIEN

Ainsi, de la décision d’infliger l’énorme amende pour entente, en deux sanctions, des géants des produits d’entretien et de l’hygiène, avec des amendes respectives de 345 et 606 millions d’euros, du jamais vu, qui touche des géants comme Procter, Unilever ou L’Oréal. Au premier semestre, le montant des amendes s’établit à 219 millions d’euros, principalement dû à l’amende de 192 M€ qui a touché le secteur laitier. Une autre enquête, concernant le secteur de l’optique cette fois, pourrait aussi déboucher sur des amendes.

AUCHAN SYSTÈME U : PROCHAINE NOTIFICATION

Le président de l’Autorité s’est également longuement attardé sur la distribution. Il a évoqué le rapprochement d’Auchan et Système U. Après de longues discussions tant le rapprochement est complexe, les deux enseignes devraient notifier leur rapprochement à la Commission européenne, qui transmettra le dossier à l’Autorité de la concurrence. “Ce n’est pas une fusion, c’est une alliance, mais les deux enseignes ont annoncé une gouvernance commune pour gérer les enseignes et les magasins, qui va renforcer leur puisssance économique, et c’est contrôlable au titre des concentrations”, a précisé Bruno Lasserre. Reste à savoir si des cessions de magasins seront demandées, comme dans le cas du rachat de Monoprix par Casino et Dia par Carrefour.

Dia revendu à… Auchan et Intermarché

Concernant les 50 magasins Dia que Carrefour devait revendre - ou se séparer pour six cas de franchisée, l’opération est en bonne voie. 40 ont déjà été cédés à… Auchan et Intermarché ! Le président de l’Autorité de la concurrence paraît moyennement satisfait que les révisions de périmètre lors des concentrations aboutissent finalement à des échanges de magasins entre les quatre grandes enseignes leaders. Il en rejette la responsabilité aux lois Royer et Raffarin, qui protègent les acteurs économiques en place.

Les lois Royer Raffarin protègent des “rentes”

“On sait qu’il faut une masse critique de 40 magasins pour qu’une enseigne puisse concurrencer les enseignes qui sont en place. Or, pour obtenir les ouvertures, il faut déposer 40 dossiers devant lesCDAC ! Qui sont aux mains des élus locaux, lesquels n’aiment pas beaucoup les nouveaux entrants. Je le regrette, les lois Royer Raffarin restent un véritable obstacle et expliquent l’échec relatif du hard discount en France. Les enseignes protégent leur rente, et les élus protègent les grandes surfaces en croyant protéger le petit commerce de la concurrence”.

En cas de cession de magasins...

Autrement dit, si des magasins Système U ou Auchan ou Simply Market devaient être cédés pour obtenir la bénédiction de l’Autorité et éviter tout risque d’entente, ils atterriront chez Casino ou Intermarché… A condition, évidemment, que la notification ait lieu - ce n'est pas encore le cas - qu’elle réponde aux lois sur le contrôle des concentrations -c'est probable en raison de la "puissance économique" constituée, même s'il n'y a pas de fusion, et qu’enfin, aprés examen, si les conditions exigées par l’Autorité pour autoriser le rapprochement ne soient pas trop dissuasifs. C’est ce qui s’est passé lors de l’alliance entre Kingfisher et Mr Bricolage. Pour les deux alliés, les exigences de l’Autorité sur la revente de magasins - une cinquantaine - rendaient le rapprochement trop douloureux.”Ces conditions n’étaient pas négociables, nous sommes restés droit dans nos bottes”, a tenu à préciser le président Lasserre.

10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 10:21

Des tracteurs et leurs remorques utilisés pour bloquer l'accès au parking de l'enseigne de grande distribution d'Andrézieux-Bouthéon et du fumier déversé à l'appel des Jeunes Agriculteurs, une trentaine de personnes s'est rassemblée, depuis 8 heures ce vendredi matin, devant l'hypermarché Leclerc.

Il y a une semaine, dans leur lutte contre la baisse du prix du lait (-10% depuis l'automne dernier), les paysans étaient déjà venus demander des explications auprès de la direction de l'enseigne. Direction qui les avait renvoyés vers les industriels et les coopératives. Exigeant les factures, ils avaient promis de revenir.

C'est ce qu'ils ont fait ce vendredi matin à Andrézieux-Bouthéon mais également à Riorges.

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 10:16

Plus d'une trentaine de tracteurs se sont rendus tôt ce matin sur le parking de l'hypermarché pour protester contre les tarifs de la grande distribution.

Une dizaine de bennes ont déversé fumier, pneus et cagettes devant les entrées du Leclerc, ce matin, à partir de 5 h 30. Les éleveurs manifestaient contre les tarifs du lait, de la viande porcine et bovine.

D'après un membre de la FNSEA, la grande distribution demande des prix trop bas : « Le phénomène s'accentue, c'est de pire en pire. » Toujours selon le syndicat, Leclerc n'appliquerait pas l'accord signé au mois de juin concernant la viande bovine. La direction du magasin de Châteaubriant n'a pas souhaité répondre.

Les agriculteurs, à bord d'une trentaine de tracteurs, ont quitté le parking de l'hypermarché vers 6h30.

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 10:13

En 2013, l'Etat français avait assigné l'enseigne de grande distribution Leclerc devant le tribunal de commerce de Paris en raison d'un "déséquilibre significatif" dans les relations commerciales avec ses fournisseurs. Après cette condamnation avec à la clé une amende record, Bercy rappelle "sa détermination à mettre un terme aux pratiques contraires à la loyauté des relations commerciales entre fournisseurs et distributeurs".

Dans un communiqué diffusé ce mercredi 8 juillet, le ministère de l'Economie a pris acte de la condamnation de Leclerc. La Cour d'Appel de Paris vient en effet de condamner l'enseigne de grande distribution à restituer via le Trésor Public la somme de 61,2 millions d'euros à 46 de ses fournisseurs, un montant record, ainsi qu'à une amende de 2 millions d'euros. Les fournisseurs concernés travaillaient notamment dans les secteurs de la charcuterie, des produits laitiers, des conserves et de la confiserie.

"L'enseigne a été sanctionnée pour avoir obligé ses fournisseurs à lui verser indûment des ristournes de fin d’année. En outre, elle demandait à ces mêmes fournisseurs de verser ces acomptes avant même le paiement des marchandises", indique le communiqué de Bercy. "La mobilisation de la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) continuera pour empêcher de telles pratiques (...) contraires à la loyauté des relations commerciales entre fournisseurs et distributeurs".

En 2013, l'Etat français avait assigné Leclerc en raison d'un "déséquilibre significatif" dans les relations commerciales avec ses fournisseurs. Le groupement d'indépendants, deuxième distributeur généraliste en France derrière Carrefour, avait déjà fait l'objet en 2011 d'assignations de Bercy, à l'époque où Christine Lagarde était ministre de l'Economie et Frédéric Lefebvre ministre du Commerce, mais le ministère de l'Economie avait finalement été débouté de sa procédure.

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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 18:35

L'enseigne de distribution alimentaire Système U vient d'être assignée par Bercy pour "déséquilibre significatif". La notification était, mardi 12 mai, dans la pile de courriers du réseau d'indépendants. Cette action en justice impulsée par le ministère de l'Économie fait suite à une première assignation pour les mêmes motifs adressée en début d'année à Intermarché. L'administration les soupçonne d'imposer à certains de leurs fournisseurs des clauses contractuelles à leur seul bénéfice.

Emmanuel Macron, qui a décidé de porter ces deux dossiers en justice, compte mettre de l'ordre dans les relations commerciales entre distributeurs et fournisseurs particulièrement tendues. Par le passé, Bercy avait déjà poursuivi Système U (23,51 milliards de chiffre d'affaires, plus de 1 500 magasins) pour défaut d'information préalable des fournisseurs. Mais, en 2011, le ministère avait été débouté.

Dans un communiqué de presse daté du 13 mai, Système U explique que le ministère de l'Économie lui reproche "d'avoir négocié des baisses tarifaires postérieurement au 28 février 2014, date de conclusion des conventions annuelles, pour en faire bénéficier les consommateurs [comme le reconnaissent les pouvoirs publics dans l'assignation] et assurer ainsi la compétitivité de ses points de vente". Et d'ajouter : "Système U [...] s'interroge sur le sens de cette démarche, [et] annonce dès maintenant sa volonté de contester l'ensemble des griefs qui lui sont notifiés."

Une "guerre des prix"

D'après nos informations, une petite dizaine d'autres assignations visant la distribution alimentaire - et l'ensemble des enseignes - sommeilleraient, certaines depuis plusieurs années, sur les bureaux de la répression des fraudes. Aucune n'étant frappée par la prescription, l'administration, qui craint... de perdre devant les tribunaux, boucle et reboucle ces dossiers avant de les transmettre à la justice. Une manière aussi de tenir en joue le secteur.

Depuis 2008, tous les réseaux se sont lancés dans une guerre des prix. Objectif : évidemment être le moins cher. Tour à tour, les produits des agriculteurs, des PME et des grands groupes ont été pris pour cible. Selon des données Nielsen, les prix ont baissé de 0,22 % en cinq ans ; les grandes marques ont subi la plus forte baisse (- 1,64 %). Les alliances passées fin 2014 entre Auchan et Système U, Casino et Intermarché, et encore Carrefour et Cora, pour unir leur politique d'achats, sont particulièrement suivies par l'administration, qui craint des excès.

Source: Le point.fr

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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 14:52

Des salariés de Leclerc Drive à Nœux-les-Mines seront en grève ce samedi matin. Leurs griefs : de mauvaises conditions de travail, le manque de personnel, des salaires bas et des pressions. Les commandes risquent d’être perturbées.

Le mouvement de grève démarrera ce samedi matin à 9 h. « Nous distribuerons des tracts aux automobilistes », annonce Benjamin Roussey, Nœuxois de 25 ans, embauché il y a trois ans au drive Leclerc en tant qu’employé commercial. « On veut se faire entendre. » Les commandes seront donc préparées normalement de 5 h à 9 h par ceux qui sont postés le matin mais après 9 h, il risque d’y avoir quelques perturbations.

Benjamin Roussey espère qu’une bonne dizaine de salariés sur les 21 de la structure, en comptant les contrats étudiants et les CDD, participeront au mouvement. Ce qu’ils dénoncent ? « De mauvaises conditions de travail. Par exemple, on n’a pas d’équipement pour travailler aux surgelés avec des températures qui vont jusqu’à - 18, - 20º C. Pour attraper les articles, on doit monter sur des racks. On peut se blesser. Il y a déjà eu des chutes. »

Le salarié parle aussi de manque de personnel, « notamment pour le réapprovisionnement. Une seule personne le fait le matin, c’est-à-dire qu’elle reçoit les palettes et met les produits en stock. On l’aide comme on peut mais ça dépend de l’activité. Il manque facilement cinq personnes pour que ça tourne bien ».

« De l’esclavagisme moderne »

Autre revendication, les salaires trop bas. Benjamin Roussey regarde sa dernière fiche de paie : 1 180 € avec quelques heures supplémentaires.

Enfin, il dénonce aussi « des pressions morales pour exiger de la productivité. Quand il y a beaucoup d’activité, on nous dit de faire des heures supplémentaires le jour même sous menace d’avertissement. Ça ne nous dérange pas de faire des heures supplémentaires car elles sont payées. Ce qui nous gêne, c’est que c’est toutes les semaines. Sur notre contrat de travail, on fait 36,45 heures mais des semaines, on atteint 42,45 heures. »

Le drive de Nœux-les-Mines gère aussi celui de Bruay. « On enregistre 170 à 190 passages par jour. Le week-end, c’est souvent le double. Jeudi dernier, on a eu 272 commandes pour le drive de Nœux et 140 pour celui de Bruay. C’est de l’esclavagisme moderne. On en a marre et on veut le montrer. »

Les grévistes seront accompagnés par un représentant CFDT mais n’ont pas prévenu la direction. « On voulait que ce soit une surprise. »

Des salariés de Leclerc Drive à Nœux-les-Mines seront en grève ce samedi matin. Leurs griefs : de mauvaises conditions de travail, le manque de personnel, des salaires bas et des pressions. Les commandes risquent d’être perturbées.

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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 07:26

Rabais clandestins : pourquoi les efforts de moralisation de la grande distribution ne parviennent toujours pas à porter leurs fruits

Selon une information du Point, l’association de défense des grandes marques aurait fait parvenir un courrier au ministre de l’Économie dans lequel elle réitère sa volonté de faire inscrire un dispositif dissuasif sur les pratiques illicites des distributeurs en matière de rabais. L'association estime que ces rabais exigés par les distributeurs s'élèvent à 500 millions d'euros, entre 2013 et 2014.

Alors que les pratiques de la grande distribution sont régulièrement dénoncées, voire condamnées, comment expliquer leur persistance?

Yann Queinnec : Cela s'explique de par la position stratégique des distributeurs dans l’écosystème. Des périphéries jusqu’aux centres villes, le maillage des territoires fait des grandes enseignes l’interlocuteur privilégié quotidien des consommateurs français. Cette position est une grande responsabilité et un défi : proposer des prix attractifs sans abuser de leur puissance d’achat auprès des fournisseurs, petits ou grands.

Notons par exemple l'arrêt de la Cour d'appel de Paris du 18 décembre 2013 qui condamne le GALEC, le groupement d'achat Leclerc, à une amende civile d'un montant de 500 000 €.

Suffisamment importante pour figurer sur le site de la DGCCRF, l'arrêt juge abusives les clauses sur les paiements croisés entre le Galec et les fournisseurs. Alors que le Galec devait payer ses fournisseurs entre 30 et 60 jours, le règlement par les fournisseurs des "prestations de services propres à favoriser la commercialisation des produits", réalisées par le Galec pour les fournisseurs, devaient être payés à 30 jours.

Faut-il se résoudre à ces dysfonctionnements ? Quels sont les moyens aujourd'hui mis en place pour lutter contre ces pratiques ? Sont-ils suffisants ?

Les relations entre partenaires commerciaux sont régis par les contrats qui les lient. C’est donc sur le contrat que les dispositifs existant agissent.

On peut citer le mécanisme de Médiation Inter-entreprises que les entreprises peuvent saisir afin de résoudre des différents entre partenaires commerciaux. La médiation Inter-entreprise a aussi un rôle préventif et a publié ces dernières années des chartes et en particulier la Charte relation fournisseurs responsables. En tant que catalyseur il a pu aussi recenser des mauvaises pratiques à ne plus reproduire et notamment des clauses abusives générant un déséquilibre entre les parties.

L’infraction de déséquilibre significatif est d’ailleurs l’autre dispositif prévu par la loi depuis 2008 (loi de modernisation de l’économie (LME) article L. 442-6 I 2°) du code de commerce). Il permet à Bercy de saisir la justice à la demande de fournisseurs craignant de s’exposer au risque de déréférencement. Quelques décisions de justice ont pu ainsi confirmer qu’il appartient à l’enseigne de veiller à ne pas profiter de son pouvoir avantageux de négociation pour mettre à la charge de ses partenaires des obligations déséquilibrées en sa faveur.

Quels sont les autres leviers qu'il serait possible de mettre en place afin de contrer la grande distribution ?

Plus que contrer, il s'agit de prendre aux mots! Devant les attentes grandissantes des parties prenantes et la multiplication des engagements d’éthiques et RSE des marques et enseignes, garantir la conformité des produits et services à ces nouvelles exigences est le nouveau défi des entreprises.

Entre courir derrière le prix bas au risque de proposer aux consommateurs des produits entachés de violations sociales, sanitaires et environnementales et maintenir ses prix artificiellement haut pour préserver ses marges, il existe une autre voie !

L’enjeu réside dans l’établissement de contrats durables entre les parties. Devant les limites de la spirale des prix bas, les entreprises sont amenées à s’engager sur la voie d’ententes éthiques.

Qui en fait aujourd'hui les frais ?

Qu'il s'agisse de lutter contre les ententes ou les abus de position dominante, les interventions de l’Autorité de la concurrence mettent le consommateur au centre du jeu. Dans ce qui s'apparente à une guerre des prix, il doit bénéficier de produits de qualité, innovants et au prix juste.

Quand Danone, l'Oreal et d'autres grandes marques mettent en place des stratégies d'achats responsables, elles répondent à l'attention croissante des citoyens à une meilleure répartition des revenus dans la chaîne de production. Encore faut-il que cela soit pris en compte dans les prix négociés avec les enseignes.

Comme le déclarait le représentant d’un grand distributeur, lors du colloque organisé le 17 novembre 2014 par le CESE « La RSE en actes – Ensemble vers un plan national d’action pour la RSE », l’amélioration des conditions sociales, sanitaires et environnementales dans les chaines d’approvisionnement ne doit pas être un sujet concurrentiel entre les acteurs de la grande distribution. Dans ce contexte, le montant des ristournes annoncé interroge.

Quel est le rôle du consommateur ?

Toutes les entreprises disposant de marques fortes et leurs distributeurs sont amenés à subir une pression croissante de leurs parties prenantes qui mobilisent les outils offerts par la révolution digitale pour les interpeller, avec plus ou moins de justesse et d’efficacité, mais presque toujours avec l’éthique en ligne de mire.

Les initiatives citoyennes ne manquent pas. Certaines consistent à se détourner de la grande distribution en mettant en place des alternatives. Prenez le succès des AMAP, ou le Projet La Louve, 1er supermarché coopératif et participatif de Paris qui ouvrira cette année dans le 18ème arrondissement.

Il s'agit d'un nouveau modèle pour faire ses courses. Les membres de la coopérative, aux côtés de quelques salariés, assurent les tâches nécessaires pour le bon fonctionnement du magasin à hauteur de 3h consécutives toutes les 4 semaines : caisse, stock, administration, nettoyage...

Les économies réalisées permettent à la coopérative de pratiquer des marges basses qui se traduisent par des prix très abordables sur des produits de haute qualité.

D'autres initiatives passent par la loi. Le Sénat a adopté le 10 avril un amendement à la loi Macron pour lutter contre le gaspillage alimentaire. L'objectif est de permettre à tout citoyen de créer une association pour ensuite s’adresser au supermarché de son choix, afin que celui-ci lui remette les invendus pour une distribution le soir-même. Portée par Arash Derambarsh et Mathieu Kassovitz, cette initiative a recueilli plus de 180.000 signatures via la plateforme de pétition en ligne Change.org.

A travers internet, le citoyen consommateur reprend sa part de voix pour acheter et légiférer autrement. L’émergence de cet Homo Ethicus Numericus coïncide d’ailleurs avec le succès des formules de courses en ligne.

Rappelons que ce 24 avril sera le second anniversaire de l’effondrement des ateliers du Rana Plaza qui fit plus de 1000 morts, que 2014 fut l’année des révélations du Guardian sur le recours à l’esclavage dans la filière des crevettes, de celles de Cash Investigation sur le travail des enfants dans le secteur de la téléphonie portable et que la semaine dernière Channel 4 a révélé des conditions de travail indignes dans la filière de production de fruits et légumes en Espagne. L’attention des consommateurs français à l’égard des conditions d’approvisionnement de leurs enseignes préférées est éveillée.

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