Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 13:44

enseignes.jpg

 

 

Ils avaient prévenu la veille lors de leur rencontre avec le secrétaire d'Etat au commerce, Frédéric Lefebvre, et ils ont tenu parole. Certains hard discounts du département ont eu droit hier matin à des livraisons de pêches et de nectarines tout autant imprévues que spectaculaires. Après deux premiers déversements effectués à la pointe du jour devant le Netto de Prades et devant le LIDL de Thuir, c'est devant les LIDL de Claira et du Bas-Vernet à Perpignan que furent jetées plusieurs dizaines de tonnes de fruits.

Une enseigne qui, depuis quelques semaines, est dans le collimateur de la profession agricole au plan national avec une récente opération promotionnelle qui irrita sérieusement les producteurs de fruits et légumes, comme nous l'explique Aurèlie Pascal, présidente des Jeunes Agriculteurs du Roussillon : "LIDL affiche des promos dans plusieurs départements à 0,79 centimes du kilo pour de la pêche importée d'Espagne ou d'Italie. Même chose pour la tomate à 0,69 euro qui nous arrive des Pays-Bas. C'est inacceptable alors que nos coûts de productions sont d'au moins 1,30 euro. On se demande qui est payé dans cette affaire. Notre action qui visait principalement cette enseigne allemande, comme si ce pays ne nous avait pas déjà suffisamment porté préjudice avec l'affaire de la bactérie, répond à un mot d'ordre national".

 

40 tracteurs remorques


Une action conduite par les J-A et la FDSEA dont le point fort fut donc le déversement devant le LIDL de la zone commerciale de Claira avec, rien que devant ce magasin, 200 tonnes de pêches éparpillées sur le bitume, des pneus brûlés et un rassemblement qui n'allait pas sans rappeler les grandes heures du syndicalisme agricole départemental avec plus de 200 producteurs présents et une quarantaine de tracteurs remorques. Un tableau complété par un placardage d'affiches et quelques beaux embouteillages en plein soleil qui caractérisent traditionnellement le mécontentement agricole dès que les récoltes ne se vendent plus en pleine saison estivale.

 

 

Moraliser le commerce

 
Un fait récurrent dont se passeraient bien les producteurs confrontés, comme nous l'explique Gérard Majoral, arboriculteur à Thuir, à des pertes de revenus qui pourraient bien avoir raison de la filière : "Voilà des années que le problème est posé avec des productions qui arrivent sur le sol français importées de pays ou les coûts salariaux sont au raz des pâquerettes et avec un commerce qu'il faudrait moraliser. On ne peut pas continuer à vivre, dans ce pays, avec des gens qui piétinent notre drapeau en détruisant systématiquement ce pan entier de notre patrimoine qu'est notre agriculture".

Un peu plus loin, un autre agriculteur dénonce : "Des années que l'on vide nos productions devant les enseignes de la distribution. Ce département ne sera bientôt plus qu'une grande friche. Et à la place on construit des grands magasins. Preuve que tout le monde n'y est pas perdant". Et Gérard Majoral de rajouter, concernant l'accentuation des contrôles aux frontières réclamés par Frédéric Lefebvre vendredi :

"Si le préfet a besoin d'un coup de main pour vérifier, dans les camions, les normes et la qualité des marchandises importées, il peut compter sur nous".

 

Repost 0
14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 09:06

distributeurs s

 

 

 

La Fédération nationale porcine (FNP), accuse la grande distribution de faire baisser le cours du porc, le jeudi, dans un communiqué. Elle demande au ministre de l'Agriculture de réunir les acteurs de la filière « pour faire appliquer l'accord du 3 mai, faute de quoi cet engagement n'aura aucune crédibilité ».

 

Eleveurs, transformateurs et distributeurs s'étaient en effet mis d'accord sur une prise en compte des variations excessives des prix de l'alimentation animale dans les négociations commerciales.

 

« Alors que moins de la moitié des producteurs couvrent leurs coûts de production et que le prix de l'alimentation animale va continuer à croître, la cotation du MPB baisse de 3 centimes », déplore l'organisation syndicale.

 

« Si les causes sont diverses, cette diminution reflète d'abord une morosité du marché mais surtout l'impossibilité de répercuter aux distributeurs la hausse des coûts de production, en particulier sur les produits de charcuterie », estime-t-elle.

 

« Le mauvais fonctionnement de la LME conforte les pratiques de la grande distribution, mettant ainsi en difficulté les autres acteurs de la filière. Il n'est pas normal que les tarifs signés le 28 février 2011 n'aient pas été réévalués à la fin d'avril alors que le prix du porc avait augmenté de 15 % », poursuit la FNP.

 

 

Repost 0
26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 10:22

enseignes.jpg

 

 

 

 

 Des éleveurs en colère ont bloqué jeudi l'accès à des hypermarchés des Pays de la Loire pour demander notamment une meilleure rémunération de leurs produits, dans le cadre d'une nouvelle journée d'action de la FNSEA. Plus d'une centaine d'agriculteurs au total ont bloqué durant trois heures deux hypermarchés Leclerc de La Roche-sur-Yon et d'Angers, a indiqué à l'AFP Jean-Paul Goutines, le directeur régional du syndicat agricole.

Une cinquantaine d'éleveurs ont par ailleurs procédé à des opérations de "vérification d'origine" des produits carnés dans un Lidl et un Leclerc du Mans, dans la Sarthe, ainsi que dans deux Leclerc de Laval et de Mayenne, selon cette source.

Comme leurs homologues bretons, les éleveurs des Pays de la Loire, deuxième région productrice de viande de France, demandent un affichage "transparent" de l'origine des produits et une mise en avant de la production française, ainsi que la répercussion de la hausse des prix de production.

Le nouveau président de la FNSEA, Xavier Beulin, devait se rendre à Angers dans la soirée pour une soirée-débat après une rencontre à Paris avec le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, et le secrétaire d'Etat au Commerce, Frédéric Lefebvre, sur le dossier.

Repost 0
13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 11:55

 

distributeurs s

 

 

 


Bonjour,

Nous chauffeurs routiers nous offrons une " main d'œuvre GRATUITE " à toutes ces Enseignes de la grande distribution est sommes considéré comme des esclaves lors des chargements et réceptions des marchandises

Arrêtons d'être traité comme des chiens !
Nous ne sommes pas des manutentionnaires employés par ces enseignes mais des professionnel de la route.



Suite a plusieurs plainte et incident constaté l'or de chargement et déchargement de plus de 3T5 de marchandises par des chauffeurs routier, fatigué par une longue route, de nuit pour certains, comme le prévoit tant la convention collective nationale des transport que la RSE au-delà de ce tonnage il revient au destinataire ou à l'expéditeur de pénétrer à l'intérieur du véhicule afin d'effectuer la manutention des marchandises.

 

Repost 0
13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 11:48

distributeurs s

 

 

On les attendait du côté du Carrefour de Langueux (22), vers 10h. Mais au regard de la menace, la direction de la chaîne a préféré conclure, in extremis, vendredi soir, un accord verbal avec les agriculteurs en colère. C'est donc, finalement, devant l'hypermarché Géant des Villages, à Saint-Brieuc, hier, vers 10h30, que plusieurs dizaines de producteurs de viande du département ont mené leur opération coup-de-poing.

«Nous avons appris de nos erreurs»

Pas de casse, aucune violence. Des ballots de paille, des palettes et quelques bonnes volontés ont suffi pour bloquer les trois entrées du site, jusqu'en milieu d'après-midi. Le tout devant un important dispositif policier. «Nous avons appris de nos erreurs, confiait Gildas Alleno, producteur à Lanfains, et responsable porcs aux Jeunes Agriculteurs. Nous restons sur la voie publique. Pas question d'investir la galerie marchande ni le magasin. Notre objectif consiste simplement à faire perdre de l'argent au directeur du Géant, à le priver de son chiffre d'affaires du samedi.»

«On se meurt!»

«Tous sont à mettre dans le même sac», grogne cet éleveur. «Nous avons depuis des mois un véritable dialogue de sourds, au sujet des prix, avec les patrons des grandes et moyennes surfaces (GMS), reprend Gildas Alleno.

Ils ne veulent rien concéder alors qu'on se meurt!».

 

Les producteurs de viande, déterminés, feront tout pour «sauver leur peau». «Nous continuerons tant que ce sera nécessaire. En changeant d'enseigne à chaque opération. À la limite, il faudrait bloquer les GMS la moitié de l'année pour qu'elles perdent 50% de leurs revenus; on pourrait alors parler d'égal à égal».

 

Il semble que les éleveurs n'auront pas besoin d'aller aussi loin. «Carrefour a pris des engagements et la direction nationale de Géant vient de retrouver nos numéros de téléphone», rigole Gildas Alleno. Dans le Finistère, c'est à Landivisiau que des producteurs de porcs ont bloqué le Super U.

 

Repost 0
26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 12:57

enseignes.jpg

 

 

 

 

 

Finistère (29)

Répartition des marges / La notion gagnant-gagnant serait une utopie

 

 

 

Au cours de 5 réunions d’arrondissement de la FDSEA, Olivier Mével, maître de conférences à l'UBO, et Philippe Manac’h, consultant associé, ont entraîné les agriculteurs dans les galeries de la citadelle. Comprendre : la grande distribution. À cette « citadelle » , on pourrait y ajouter une autre forteresse : les multinationales.

 

 

 

Une riposte : le guichet unique

 

 

Le monde que décorti-quent les deux spécialistes est bien éloigné de celui des Bisounours. Les accolades qui ouvrent le round annuel des négociations en octobre laissent vite la place aux parties de bras de fer. Objectif des deux parties : « capter la valeur ajoutée ». Sous le regard médusé des producteurs. « Personne ne veut perdre la rente que vous versez », lance Olivier Mével qui ne voit qu’une riposte : « Le guichet unique ». Autrement dit, la concentration de l’offre. À l’image de ce qui se passe du côté des achats : 6 super-centrales qui se partagent une grosse partie des 457 milliards du commerce de détail que pèse le marché français.

Face à la distribution qui sélectionne ses clients : 2 millions de produits qui veulent se placer dans les rayonnages alors qu’un grand magasin n’en retient que 150 000. Trente multinationales se disputent l’essentiel de ce marché. « Derrière, frappent aux portes : 3 000 coopératives,

11 500 IAA, 60 000 entreprises de manufacture ». Autant dire qu’il n’y a pas de place pour tout le monde. La baisse des prix peut cependant ouvrir des portes…

 

 

 

La main de Mme Michu…

 

 

Dans cette foire d’empoigne, intervient une petite main. Celle de Mme Michu, comme la nomment les deux spécialistes des pratiques commerciales de la grande distribution.

Ménagère de 50 ans ou bobo de 40 ans, Mme Michu veut régaler son mari d’un coulommiers.

 

Or, c’est ce petit fromage de 250 g qui peut faire pencher la balance des mastodontes. « Des distributeurs ont bien essayé de déréférencer des produits peu substituables comme le coulommiers. Résultat : les consommateurs migrent vers d’autres magasins ».

 

Autrement dit, la distribution ne peut pas se passer de ces produits jugés « indispensables ».

Derrière le geste de Mme Michu figure le délicat problème de répartition des marges. « À chaque fois que Lactalis vend un coulommiers, il empoche 0,95 €/unité con-sommateur. La GMS perd 10 ct ».

 

Combat inégal…

 

La grande distribution a trouvé la parade en proposant les MDD (marques distributeurs) : « Pour un camembert MDD de même poids que le coulommiers (250 grammes), le distributeur gagne 0,50 € net par unité consommateur ». Première conclusion d’Olivier Mével :

« La grande distribution a intérêt à ce que les multinationa-les augmentent leurs prix pour que les consommateurs se tournent vers les MDD ; mais la distribution doit contrôler ses propres augmentations de prix sur les MDD pour que les consommateurs ne se détournent pas trop vers les 1ers prix moins rémunérateurs ». Deuxième conclusion : « Pendant que certains se partagent des marges nettes de 0,50 € ou 0,95 € sur un fromage de

250 g, vous producteurs, vous faites un chiffre d’affaires de 0,90 € pour fabriquer ce fromage ».

 

 

 

Racontez de belles histoires

 

 

Pour ces deux spécialistes, « la division qui règne actuellement chez les agriculteurs est l’assurance pour la GMS de capter la valeur ajoutée sur de la matière première de qualité ». Et de conclure : « On aimerait bien entendre la grande muette (NDLR : l’agriculture). Aujourd’hui, le pouvoir est immatériel. Racontez de belles histoires. Soyez sujet de la communication et non objet comme vous l’êtes actuellement dans les campagnes de communication pleine page sur les alliances locales que se paye la grande distribution. Avec de belles histoires, Danone réussit à vendre du lait à 200 € le litre à Mme Michu. C’est la prouesse Actimel ».

Didier Le Du

 

 

--------------------------------------------------------------------------------

 

 

Ouvrir à la concurrence

Les deux observateurs du monde de la grande distribution estiment que plus de libéralisme permettrait de briser ce qui ressemble à un certain monopole de la distribution. « Dans 60 % des 630 zones de vie que compte le pays, une seule GMS est en position de leadership », expliquent-ils, en mentionnant que la loi Raffarin, la LME, les CDAC participent à « faire que les parts de marchés entre enseignes ne bougent pas ». Et d’ajouter : » Il faut laisser les distributeurs étrangers rentrer. Mais pour cela, ouvrons les bastions administratifs…».

 

Repost 0
19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 17:10

distributeurs s

 

 

 

 


Montauban: Grogne des éleveurs dans les rayons

 

Une quarantaine de producteurs de viande se sont rendus hier matin dans les rayons de deux grandes surfaces de Montauban (Auchan et Leclerc) pour protester contre la faiblesse des prix payés par les distributeurs aux éleveurs.

Un surprenant spectacle a agité hier matin les rayons de deux grandes surfaces de Montauban, Auchan et Leclerc. Une quarantaine de producteurs de bovins, ovins, porcins et de volailles sont venus alerter les consommateurs et les distributeurs sur les prix et la provenance de la viande.

Ils ont collé sur des centaines de barquettes un sticker portant le message :

 

« Marges abusives, morts des producteurs. »

 

L'opération d'étiquetages sauvages a ainsi duré une bonne partie de la matinée

 Les syndicalistes s'étaient donnés rendez-vous dans leurs locaux et ont lancé leur action commando vers 10 heures. « On ne pourra pas interdire la viande étrangère. Mais essayons au moins de faire comprendre aux distributeurs qu'ils jouent le jeu de la préférence pour l'origine française de la viande », explique Eric Lartigues, responsable de la section laitière de la FDSEA (fédération départementale des exploitants agricoles).

 

Dans les rayons, Alain Iches se désole en rappelant que le revenu moyen d'un éleveur tourne aujourd'hui autour des 7 000 € par an. En revanche, selon le responsable de la section bovine de la FDSEA, les marges réalisées par les distributeurs entre le prix payé aux producteurs et celui acquitté par les consommateurs ne faiblissent pas : « Les prix aux consommateurs augmentent toujours, mais jamais ceux aux producteurs. Dans le même temps, nos charges continuent de grimper et nous sommes confrontés à de plus en plus de contraintes. »

 

 L'éleveur de Parisot évoque en particulier toutes les normes environnementales « qui pèsent sur nos structures. »

 

Un producteur de volailles d'Albias s'arrête au rayon des poulets : « Ils ne respectent pas les produits de notre agriculture. S'ils veulent la mort des agriculteurs, ils n'ont qu'à le dire de suite. Au moins, les choses seront claires. »

 

Les Jeunes Agriculteurs de Tarn-et-Garonne ont également participé hier matin à cette opération coup-de-poing dans les supermarchés de Montauban. Avec à leur tête, leur nouveau président Sébastien Guiraud. Les syndicalistes comptent mener d'autres actions pour se faire entendre des pouvoirs publics.

 

Source: La Dépeche


 

Repost 0
19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 12:10

distributeurs s

 

 

 

Pour muscler leur chiffre d’affaires, de nombreuses grandes surfaces n’hésitent plus à s’étendre sans autorisation. Puisque le gouvernement laisse faire...

 

 

 

Mieux vaut pas l’énerver, Jean-Pierre Gontier. Fin août 2009, le sang du patron du Leclerc d’Olivet (Loiret) n’a fait qu’un tour, quand il a surpris Claude Diot, vice-président de l’association En toute franchise, en train de fureter dans son magasin avec un ruban de géomètre. Flanqué d’un huissier et muni d’une ordonnance du tribunal de grande instance d’Orléans, ce petit commerçant était pourtant dans son bon droit. «Gros c…, gros enc…», lui a tout de même balancé le bouillant maître des lieux (des propos certifiés par constat), avant de sectionner l’objet du scandale avec une paire de ciseaux.

 

 

Mais que cherchait donc à mesurer ce drôle d’arpenteur ? Le calibre des past

èques en promotion ? Le tour de poitrine des caissières ? Plus scabreux : les mètres carrés illicites. Les petits boutiquiers du coin soupçonnent en effet Jean-Pierre Gontier d’avoir accru ses surfaces de vente au mépris de la loi. Il ne serait pas le premier. Peu de clients le savent, mais, ces dernières années, des dizaines d’hypermarchés ont discrètement poussé leurs murs en s’asseyant sur la réglementation. «Celle-ci a pourtant été beaucoup assouplie pour leur faire plaisir, mais il leur en faut toujours plus», fulmine Claude Diot. Pourquoi se gêneraient-ils ?

 

Notre enquête le prouve, à ce jour, aucun hyper n’a encore été contraint de faire marche arrière.

 

Voyons par exemple Joël Chastenet. Comme la loi l’exige pour tous les projets supérieurs à 1 000 mètres carrés, cet entrepreneur ambitieux a déposé en 2004 une demande d’autorisation pour l’ouverture d’un Intermarché de 1 200 mètres carrés à Castets, paisible bourg landais de 1 900 âmes.

Logiquement, son dossier aurait dû terminer directement dans la benne : avec ce nouveau Mousquetaire, la surface de gondoles pour 1 000 habitants passait en effet de 207 à 345 mètres carrés dans le secteur, deux fois la moyenne nationale, et bien plus que ne l’autorise la réglementation. Contre toute attente, les élus locaux ont pourtant donné leur blanc-seing à cette implantation.

 

Bien sûr, les petits commerçants du coin ont déposé illico un recours devant les tribunaux, mais, celui-ci n’étant pas suspensif, l’Intermarché contesté a ouvert ses portes en 2006. «En quelques mois j’ai perdu 50% de mon chiffre d’affaires, se lamente Jean-Noël Mora, qui tenait la dernière épicerie du bourg, un 8 à Huit. J’ai dû licencier mes quatre employés, et j’ai baissé définitivement le rideau en 2008.»

D’autant plus rageant pour le marchand que la justice n’a cessé de lui donner raison.

A trois reprises, le tribunal administratif de Pau et la cour d’appel de Bordeaux ont en effet annulé l’autorisation octroyée par les élus locaux, mais à chaque fois ceux-ci se sont empressés d’en délivrer une nouvelle.

«Je ne vois rien là d’illégal», sourit le patron de l’Intermarché, Joël Chastenet, qui a réalisé 6,6 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2008.

 

 

 

 

Enfin la bonne ?

 

Depuis cet automne, le Sénat examine une énième proposition de loi sur l’urbanisme commercial. Déjà adopté en première lecture à l’Assemblée nationale en juin, ce nouveau texte supprime les commissions départementales et la Commission nationale d’aménagement commercial, qui accordaient jusqu’à présent aux supermarchés les autorisations d’exploiter.

Désormais, les permis de construire seront délivrés sur la base du schéma de cohérence territoriale (Scot), voire du plan local d’urbanisme (PLU), qui délimitera une fois pour toutes la nature et la surface des zones commerciales. Une commission régionale d’aménagement commercial de neuf membres (dont six élus) continuera de donner son aval dans quelques – rares – situations.

 

Il n’est pas le seul à en prendre à son aise.

Les centres Leclerc de Beaugency-Tavers (Loiret), Saint-Amand-Montrond (Cher) et Barcelonne-du-Gers (Gers) voient, eux aussi, leurs autorisations successives régulièrement invalidées par les tribunaux.

«Si les préfets le souhaitaient, ils pourraient faire fermer sans délai les surfaces de vente illicites», assure Xavier Nguyen, avocat spécialisé dans ces questions.

 

 Mais aucun d’entre eux n’a encore osé s’y résoudre.

«Cela ne sert à rien de voter des lois si on les piétine comme ça»,

s’étrangle Jean-Pierre Sueur, sénateur socialiste du Loiret.

 

 

 Malgré l’interpellation de plusieurs parlementaires, le secrétariat d’Etat au Commerce ne s’est toujours pas prononcé sur le sujet.

 

En discussion depuis cet automne au Sénat après son adoption à l’Assemblée, la future loi sur l’urbanisme commercial pourrait quand même permettre de limiter un peu les abus.

 

Dès qu’elle sera votée, des quotas d’implantation seront définis dans chaque agglomération et plus aucun permis de construire ne pourra être accordé aux grandes surfaces qui ne les respectent pas. Mais ce texte ne réglera pas le cas des magasins déjà bâtis.

 

Pas plus qu’il ne comblera la seconde brèche juridique dans laquelle s’est engouffrée en 2008 la grande distribution. Il faut dire qu’elle était alléchante.

 

Tout est venu d’une circulaire administrative du mois d’août, interprétant de travers la loi de modernisation économique tout juste votée : elle donnait le droit à n’importe quel magasin d’augmenter sa surface (jusqu’à 1 000 mètres carrés) sans aucune autorisation.

 

Une «erreur», se défend le gouvernement.

Un coup prémédité, assurent de nombreux experts du secteur.

 

 «Nicolas Sarkozy a cédé à Angela Merkel, qui souhaitait qu’Aldi et Lidl puissent ouvrir plus facilement en France», décrypte Bertrand Boullé, administrateur du Conseil national des centres commerciaux.

 

 D’autres y voient plutôt l’influence décisive de Michel-Edouard Leclerc,

toujours très en cour à l’Elysée.

 

 

Bourde ou pas bourde, les députés n’ont en tout cas pas apprécié que l’exécutif détricote ainsi leur texte. Ils ont exigé et obtenu en octobre 2008 la rédaction d’une nouvelle circulaire annulant la première et demandant aux chaînes de régulariser rétroactivement leur situation. Mais, entre-temps, le mal était fait : en trois mois, les linéaires avaient poussé comme des champignons partout en France. «C’était de la folie, raconte Jean Gaubert, député socialiste des Côtes-d’Armor et auteur d’un rapport parlementaire sur le sujet en février dernier.

1 800 m2 de trop
Accordée dans un premier temps par les élus locaux en 2007, l’autorisation de création du centre Leclerc de Saint-Amand-Montrond (Cher) a été successivement annulée par le tribunal administratif d’Orléans, la cour d’appel de Nantes et le Conseil d’Etat, le 10 juin 2009. Les nouveaux rayons restent pourtant ouverts.

 

1 211 m2 de trop
Le 11 décembre 2008, la cour d’appel de Bordeaux a confirmé le jugement du tribunal administratif de Pau : l’autorisation d’ouverture accordée en 2004 à cet Intermarché de Castets, dans les Landes, est annulée.

En vain.

 

560 m2 de trop
L’hypermarché Leclerc de Beaugency, dans le Loiret, a vu son autorisation d’extension annulée purement et simplement par la cour d’appel de Nantes, le 24 février 2009.

Sans effet.

 

Certains hypermarchés se sont agrandis plusieurs fois d’affilée dans ce laps de temps.»

 

 D’autres ont tout de suite marqué leur territoire en installant des rayons jardinage de plein air sur les places de parking, avant d’y bâtir de vrais rayons en dur.

«Au total, 5 à 7 millions de mètres carrés ont été probablement ouverts par ce bia

is», calcule Jean Gaubert.

Soit une hausse de 10 à 15% des surfaces commerciales en deux mois !

 

En fait, aucun recensement précis n’existe.

Seules quelques préfectures ont sorti la calculette : celle du Finistère a annoncé 95 extensions pour 57 000 mètres carrés, celle du Nord 80 000 mètres carrés.

 

Mais toutes les enseignes n’en ont pas profité autant. Carrefour et Cora, par choix, et Intermarché, par manque de rapidité, ont assez peu exploité la fenêtre.

 

Auchan, par contre, a procédé à une vingtaine d’extensions, et Système U à une cinquantaine rien que dans le nord-ouest de la France,

selon «Linéaires», le mensuel de la distribution.



Mais la palme la palme de la tache d’huile revient sans conteste aux adhérents Leclerc.

«Ils ont été de loin les plus réactifs, constate Bertrand Boullé.

Certains d’entre eux ont réussi à accroître la surface – donc la valeur – de leur magasin de 30% en quelques semaines.»

 

Au rayon bricolage, Leroy Merlin a aussi frappé un grand coup, étendant de près de 1 000 mètres carrés les deux tiers de ses 110 magasins, soit un gain de 80.000M2 sur un parc total d’environ un million.

 

«Avant de procéder aux extensions, nous avons pris des assurances auprès de l’administration, se défend Pascal Malfoy, directeur général délégué de la chaine.

 

D' ailleurs, personne ne nous a attaqués.»

Jérôme Bédier, le président de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution, est sur la même ligne : «Nous avons tous utilisé la circulaire pour construire légalement en relation avec les préfets. Il n’y a plus lieu d’y revenir.»

Bien vrai ?

 

A y regarder de près, seule une poignée de grandes surfaces ont pris la peine de faire régulariser leur situation par les élus locaux.

 

Les autres sont toujours dans l’illégalité et pourraient fort bien être attaquées en justice.

 

«Et il y a fort à parier qu’elles perdraient devant le Conseil d’Etat», assure Joël Rouach, avocat spécialisé dans le commerce.

Outré, le sénateur Sueur a rédigé en avril dernier une question officielle à Christine Lagarde sur ce point.

Le croira-t-on ?

 

 La dame de Bercy n’a toujours pas répondu.

 

 

source: Capital.fr

 

Repost 0
12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 10:28

 

distributeurs s

 

 

 

Alors que les dirigeants des enseignes de  la Grande distribution ont étés reçu à l’Elysée pour le contrôle de leur marge sur les produits alimentaire en temps de crise (du reste nous avons pu voir une nouvelle fois Michel Edouard Leclerc fanfaronner devant micros et caméra afin  donner des conseils au gouvernement sur les contours de la future Loi, entre les producteurs et les distributeurs…), voici la modération des marges depuis 10 ans de nos chers distributeurs :

 

  Entre avril 2000 et avril 2010 :


- le prix du lait demi-écrémé a augmenté de 16 % alors que le prix de la matière première a baissé de 5 % ;
- le prix de la volaille a augmenté de 38 % alors que le prix de la matière première a baissé de 19 % ;
- le prix du rôti de porc a augmenté de 23 % alors que le prix de la matière première a baissé de 5 % ;
- le prix du bœuf a augmenté de 34 % alors que le prix de la matière première a baissé de 4 %.

 

(Source UFC.Que-choisir)

 

Nous pouvons voir que quelque soit la variation du prix des matières premières le prix de vente payé par le consommateur est de toutes façons à la hausse quoiqu’il arrive…

 

Il est clair que les industriels de l’agro-alimentaire  et les enseignes de la grande distribution, se servent des évolutions des prix agricoles afin d’améliorer leur profits, rentabilité et leur marge…sur le dos des petits producteurs et des consommateurs…

 

 

 

Se battre pour le pouvoir d'achat, est un combat de tous les jours...

Et qui rapporte. 

 

 

 

 

 

Repost 0
23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 08:51

enseignes.jpg

Agriculteurs contre grande distribution, un combat bien inégal

La grande distribution est le principal débouché commercial pour de nombreux agriculteurs français, notamment dans le secteur des fruits et légumes. Or, les prix imposés par les distributeurs sont beaucoup trop bas pour permettre aux producteurs de vivre de leur travail.

Quand les relations commerciales deviennent un bras de fer injuste

 

Il peut paraître exagéré de parler de "combat" entre un acheteur et un fournisseur : après tout, l'un est le client de l'autre, et le principe du gagnant-gagnant est censé régir les relations commerciales. Et pourtant, dès qu'il s'agit de grande distribution et de petits producteurs, la donne est faussée : toute-puissance des uns, faiblesse des autres, l'agriculture française est la grande perdante de cette lutte inégale. Les manifestations régulières des agriculteurs (blocage de plates-formes de distribution, tonnes de marchandises répandues sur la chaussée, distribution gratuite de fruits au public...), qu'ils soient producteurs de lait, de viande ou de fruits et légumes, viennent régulièrement nous rappeler la détresse de bon nombre de paysans.

 

La guerre des prix bas

 

Le problème vient de la politique de prix pratiquée par les distributeurs (Carrefour, Leclerc, Auchan, Système U, Casino...). Objectif des enseignes : optimiser la marge réalisée sur la vente de chaque produit présent en rayon, afin de maximiser les bénéfices. En clair, cela revient à acheter le moins cher possible, pour revendre le plus cher possible, tout en restant dans certaines limites : celles fixées d'un côté par un "prix psychologique" à ne pas dépasser (par exemple, pour le client lambda, un kilo de poires ne doit pas coûter plus de 3€), et d'un autre côté, par la nécessité de s'aligner sur la concurrence. Qui met la main à la poche dans l'affaire ? D'abord le producteur, qui est contraint de vendre ses produits à des prix ridiculement bas (trop souvent même, à perte), ensuite, le consommateur, qui paie finalement cher des produits sur lesquels le distributeur s'autorise des marges confortables.

 

Le kilo de poires acheté 0,17€ au producteur est revendu 2,80€

 

Prenons un exemple : un kilo de poire coûte 0,35€ à produire. L'agriculteur, s'il veut rentrer dans ses frais et vivre de son activité, doit le vendre entre 0,40 et 0,45€. Or, la grande distribution le lui achète en moyenne 0,17€, et le consommateur le trouve en rayon entre 2,50 et 3€. Certes, entre le producteur et le distributeur, il y a généralement un intermédiaire (groupement de producteur ou grossiste) et il faut tenir compte du prix de l'emballage et éventuellement de l'étiquette, mais cela ne suffit pas à expliquer un tel écart de prix entre les deux extrémités de la filière. Quelqu'un se remplit les poches aux dépens des autres : c'est la grande distribution. Pendant ce temps, les producteurs s'endettent et les consommateurs les plus modestes peinent à s'offrir des fruits et légumes frais, devenus inaccessibles pour les petits budgets.

 

La grande distribution, client incontournable pour les producteurs

 

Mais pourquoi les producteurs acceptent-ils de vendre à perte ? D'abord, parce que la grande distribution représente, dans l'exemple des fruits et légumes frais, 80% des débouchés commerciaux. Rares sont ceux qui parviennent à se débrouiller sans elle pour écouler leur production. Ensuite, parce que les produits concernés par la vente à perte sont des denrées périssables (viande, lait, fruits et légumes), et que le producteur doit vendre rapidement après la récolte. Enfin, parce que la grande distribution a la possibilité d'acheter à l'étranger, à bas prix, et hors saison : pour les poires par exemple, des fruits d'Argentine ou du Chili achetés à des prix défiant toute concurrence (en dépit du coût du transport) sont déjà dans les rayons lorsque les récoltes françaises arrivent sur le marché. Les petits producteurs français, s'ils veulent vendre, sont donc contraints d'accepter les termes du contrat dicté par les distributeurs. Ainsi, les agriculteurs ont besoin de la grande distribution, mais la réciproque n'est pas vraie, d'où un déséquilibre, des abus, des injustices.

 

Quelle sera l'agriculture française demain ?

 

Le problème n'est pas seulement éthique : cet étranglement des agriculteurs mène tout droit à la mort de l'agriculture française, du moins à celle des petites exploitations des filières de l'élevage, du maraîchage et de l'arboriculture fruitière (les grands céréaliers, eux, vont bien, merci). Endettés, parfois incapables de se verser un salaire, les agriculteurs disparaissent (les dépressions et les suicides sont d'ailleurs plus nombreux chez eux qu'au sein d'autres catégories socio-professionnelles) et les installations se font plus rares, les jeunes n'étant guère désireux de se lancer dans une activité où le travail est si mal récompensé.

Si rien n'est fait, la France risque fort de se retrouver dans quelques décennies sans producteurs, et de devoir aller chercher à l'étranger ce qu'elle produisait autrefois elle-même... avec toutes les conséquences en termes de bilan carbone, de qualité (par exemple, les normes en matière d'emploi de pesticides ne sont pas les mêmes selon les pays) et de goût (des fruits qui doivent être transportés sur de longues distances sont cueillis avant maturité pour supporter le voyage).

 

Repost 0

Présentation

  • : Le vrai visage de la grande distribution
  • Le vrai visage de la grande distribution
  • : Le ras le bol du discours de la grande distribution, qui nous jure les yeux dans les yeux et la main sur le coeur, qu'elle se bat pour notre pouvoir d'achat... alors que toutes les enseignes font depuis des années d'énormes bénéfices sur le dos des consommateurs...
  • Contact

Vidéos sur la Grande distrib..


 














Recherche

Pages

Emmision À Revoir...