INTERVIEW - Le journaliste ausculte le secteur dans un livre...
Vous dépeignez un monde très noir. Le consommateur n'est-il jamais gagnant?
Le low-cost est un vrai mensonge! Le mot a été repris par les spécialistes du marketing pour communiquer sur l'achat malin. En réalité, un produit «low-cost» d'aujourd'hui, c'est un produit « bas de gamme» d'hier. Les hard discounter alimentaires tentent de nous faire croire qu'ils sont moins chers grâce à leur décoration dépouillée. Mais il s'agit d'une mise en scène. Ce que l'on trouve dans ces rayons, ce sont des jambons fabriqués à base de plasma de porc et ce que l'on appelle des «préparations fromagères».
Le low-cost n'a pas toujours été celui que l'on connaît aujourd'hui...
Le vrai low-cost est basé sur l'innovation. C'est l'inventivité qui fait baisser les prix, en aucun cas on ne touche à la qualité des produits ou aux conditions de travail des salariés. L'exemple type, c'est Ikea et ses meubles à monter soi-même. Mais aujourd'hui, ce genre de modèle n'est plus du tout suivi, les entreprises low-cost ont totalement abandonné l'innovation.
Pour vous, c'est aussi un problème politique?
Bien sûr. D'ailleurs, le gouvernement ne cesse de demander à la grande distribution de baisser ses prix. Le low-cost alimentaire est une aubaine en période de crise: on n'a pas vraiment besoin de prendre des mesures en faveur du pouvoir d'achat.
Votre verdict est-il sans appel?
Oui, le low-cost est nuisible. Parce qu'il ne tire pas seulement les prix vers le bas, mais aussi les salaires. Les entreprises qui le pratiquent ne sont pas durables: elles n'investissent pas dans l'innovation et sont extrêmement polluantes, car elles produisent en général à l'autre bout du monde. Le consommateur doit s'interroger sur sa façon de consommer.
* No Low-Cost, de Bruno Fay et Stéphane Reynaud (Editions du Moment), 17,95 euros.
Source: 20mn.fr
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