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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 11:45

À peine recrutées par le nouveau supermarché Leclerc, elles ont été écartées. Carole Fauconneau, Olga Peaumier et Audrey Camin brisent la loi du silence.

 

Trois anciennes employées du Leclerc du Verdon-sur-Mer, se plaignent de leurs conditions de travail dans le supermarché. L’entreprise s’était appuyée sur l’aide de Pôle emploi pour recruter 17 personnes en CDI, à son ouverture, le 19 juin dernier. Cinq d’entre elles ont été remerciées.

Au départ, tout semblait bien parti. Une réunion est organisée, en février, à la mairie du Verdon, à l’initiative de Pôle emploi et des promoteurs du Leclerc, dont l’ouverture est prévue pour le mois de juin. Une centaine de personnes répondent présent. Il est expliqué à l’auditoire que des tests seront prochainement organisés, à l’issue desquels 17 personnes seront sélectionnées pour intégrer une formation devant déboucher sur la signature immédiate d’un CDI. Ce jour-là, Carole Fauconneau, Olga Paumier et Audrey Camin, trois mères de famille du Verdon, sont présentes. L’opportunité les intéresse. Audrey, parce qu’elle est alors en CDD au Carrefour de Soulac et qu’elle recherche un emploi stable. Olga, au chômage depuis plusieurs mois, y voit l’occasion de mettre à profit son expérience passée dans la grande distribution. Carole, aide à domicile depuis trois ans, cherche quant à elle un travail à mi-temps qui lui permettra de se consacrer à sa fille, gravement malade. Après les tests, toutes les trois sont retenues pour suivre la formation. L’apprentissage s’étale sur 96 heures réparties entre le 19 mai et le 18 juin. Il est assuré par Daquota Distribution, un organisme spécialisé dans la formation professionnelle pour la grande distribution. Le financement est partagé entre Pôle emploi et Forco.

Des employés sous pression

La formation se déroule entre la mairie du Verdon pour la théorie et le centre Leclerc de Lesparre pour la pratique.

« Au début tout s’est plutôt bien passé. Mais les choses ont commencé à se compliquer pendant la dernière semaine. Le directeur, Didier Dupont, nous a fait remplir les rayons du Leclerc avant son ouverture. Il nous demandait de faire des heures supplémentaires, sans nous laisser le choix. On travaillait du lundi au samedi, en embauchant tôt le matin pour terminer tard le soir », explique Olga Paumier. « Un soir, alors que je terminais ma journée, le directeur m’a demandé de rester plus longtemps. Je lui ai dit que je ne pouvais pas. Que j’étais attendue chez moi. Ce à quoi il m’a répondu : “ Vous n’êtes pas à deux heures près. Remettez vos chaussures de sécurité ” », affirme Audrey Camin.

La formation arrivée à son terme, Olga, Carole et Audrey signent leur CDI le 19 juin. Le contrat prévoit une période d’essai de deux mois. Aucune d’elles ne passera le cap.

Carole Fauconneau, qui n’avait jamais travaillé dans un supermarché auparavant est rapidement dépassée. « On m’a donné six rayons à gérer toute seule du jour au lendemain. Je devais passer moi-même les commandes et gérer le stock alors qu’on ne m’avait jamais appris comment faire pendant la formation », raconte-t-elle. La pression est d’autant plus grande que la direction demande à ses employés d’augmenter leur cadence de travail. « Des réunions étaient fréquemment organisées au mois de juillet pour nous demander de travailler plus vite », indique une saisonnière, qui tient à garder l’anonymat.

Accusée de vol

Le 5 août, Carole Fauconneau est convoquée dans le bureau du directeur. « Monsieur Dupont m’a expliqué qu’il n’avait rien à me repprocher au niveau de mon travail, mais qu’il ne pouvait pas me garder », explique Carole. Le lendemain, c’est au tour d’Olga Paumier d’être convoquée. « Le directeur m’a reproché d’avoir voleé de l’argent en quittant ma caisse la veille. Je lui ai dit que c’était faux. Il m’a répondu que j’avais perdu sa confiance et qu’il souhaitait mettre fin à mon contrat », affirme Olga. Excédée, après seulement quelques jours de travail, Audrey Camin a pour sa part décidé de partir d’elle-même le 4 juillet.

Deux autres personnes seront également évincées dans l’été, parmi le groupe des 17 qui a suivi la formation de base. Ce qui fait au total, un taux d’échec de 35 %. Un chiffre que Nicolas Hervé, le directeur de l’agence Pôle emploi de Pauillac, a du mal à comprendre. « L’objectif de ce dispositif était de permettre à des personnes très éloignées du marché de l’emploi de retrouver un travail. Tout le monde semblait avoir joué le jeu », explique-t-il.

Didier Dupont, le directeur du Leclerc du Verdon, affirme pour sa part avoir géré son personnel « de manière humaine », tout en admettant que « dans l’effectif de départ, on savait que l’on aurait des corrections à apporter ».

Carole Fauconneau, Olga Paumier et Audrey Camin, pensent attaquer leur ancien employeur aux Prud’hommes.

 

Source: Sud ouest

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Published by Caddyman - dans Leclerc
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