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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 08:28


 La grande distribution serait-elle dans l’œil du cyclone ?  Le lecteur de presse serait tenté de répondre oui :
un salarié licencié du côté de chez Auchan parce qu’il montait une section syndicale (raison évoquée par le salarié en question, appuyé par un rapport de l’Inspection du travail selon la CFDT, lire
l’article de Libélille) ;

27 employés qui attaquent Carrefour en justice dans le Valenciennois pour avoir été payés en dessous du SMIC (sur
L’Observateur du Valenciennois) ;

Match et sa valse du dimanche à Lille (l’enseigne doit finalement fermer un jour par semaine, en lire plus sur 20 Minutes) ;
ajoutez-y un directeur d’Intermarché entreprenant du côté de Dunkerque (
plus d’infos sur La Voix du Nord)

et d’innombrables petites affaires bénéficiant de moins de retentissement médiatique, et le tableau serait loin d’être idyllique à première vue entre salariés (et syndicats) et directions de la grande distribution.

Un dialogue plus difficile quand le côté économique ne suit pas

« Je plaiderais plus pour un concours de circonstances, répond en premier lieu Bruno Delhaye, délégué syndical CFTC à Auchan (première organisation syndicale au sein du fleuron Mulliez). Les affaires n’ont pas grand-chose à voir entre elles, de plus, certaines ne sont pas jugées, on ne peut pas trop se prononcer. » Il n’empêche que le syndicaliste remarque quand même quelques tensions depuis quelques mois. Récession économique oblige selon lui.  « Le dialogue est forcément plus difficile quand le côté économique ne va pas bien.  Il y a des réorganisations dans les modes de travail et nos entreprises appliquent désormais stricto-sensu des règles alors qu’il y a quelques années, on pouvait encore s’arranger entre managers et salariés. »  Les arrangements entre syndicats-salariés-direction, l’une des constantes qui ressort lorsque l’on interroge les différents syndicats. Genre Jean-Yves Debucquoy, secrétaire général CFDT Commerces Lille et Environs, qui lui va plus loin (il faut dire que la CFDT est la plus remuante – au moins médiatiquement parlant – en ce moment) : « Il n’y a plus de dialogue social depuis trois ans. Avant, on pouvait discuter, maintenant, ils ne veulent plus rien savoir : les ressources humaines ont changé. Les « anciens » sont partis, les jeunes sortent de l’école, deviennent plus arrogants. » Et appliquent peut-être des consignes à la lettre. Parfois en méprisant le syndicalisme selon lui : « Ils font de l’anti-syndicalisme primaire. Un directeur de magasin m’a reçu avec 1h15 de retard alors qu’on avait rendez-vous, il savait que j’étais là. Ça n’aide pas aux bonnes relations. »

Pas forcément plus d’affaires, mais des salariés qui relèvent la tête

Auchan, Carrefour, Match et consorts n’accepteraient donc plus le dialogue ? Nous les avons bien sûr contactés pour qu’ils s’expriment sur cette question : pas de réponse du côté de Carrefour et Match, mais Auchan a pris le temps de détailler les actions en faveur d’un dialogue social de qualité : l’entreprise annonce « mettre à la disposition des partenaires sociaux des moyens pour fonctionner au mieux, tels qu’autorisations d’absence diverses, réunions, prise en charge des frais…, prévus par l’accord sur le développement du dialogue social signé en 2000 afin de créer les meilleures conditions pour un dialogue responsable et de qualité » En ajoutant : «  Pas moins de 51 réunions (CCE, paritaires, bilan des accords…) ont eu lieu avec les partenaires sociaux. Au total, 12 accords et avenants ont été signés sur les salaires, l’organisation du temps de travail, la politique de partage, les frais de santé… »

Une argumentation sans surprise du géant de la grande distribution (qui a eu au moins le mérite de répondre, soyons beaux joueurs). Retour du côté des syndicats pour un troisième avis sur la question :  et si finalement toutes ces affaires n’étaient finalement pas dues à un réveil des salariés, hypothèse défendue par Vincent Delbar, secrétaire général de l’Union locale CGT Lille ? « Ça se durcit pas mal partout. Il n’y a certainement pas plus d’affaires, mais les gens sortent, le font savoir. On en parle plus. Avant les salariés partaient, démissionnaient. Maintenant, ils se battent et relèvent la tête. Aussi parce que le dialogue social selon moi s’efface de plus en plus derrière le droit. » Faites disparaître l’humain derrière le juridique et les humains se serviront du juridique. Singulier retour de bâton dans un secteur qui est pourtant connu comme l’un des faibles au niveau de la mobilisation syndicale…

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Published by anti.grandes.surfaces - dans Le social et la grande distribution
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