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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 16:00



 

Autoproclamé président du pouvoir d’achat, Nicolas Sarkozy a souhaité jouer sur deux variables : l’augmentation des revenus par le biais des heures supplémentaires et la baisse des prix dans la grande distribution.

Mais selon les économistes Pierre Cahuc et André Zylberberg, auteurs de l’essai Les Réformes ratées du président Sarkozy (éditions Flammarion), la baisse des prix ne peut aboutir à cause d’une réglementation qui favorise la concentration et impose trop de contraintes dans les négociations entre fournisseurs et distributeurs. Pour changer la donne, le gouvernement a fait voter la loi de modernisation de l’Economie (LME). Mais celle-ci serait un échec.


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Retour sur l’histoire de la grande distribution

Les auteurs Pierre Cahuc et André Zylberberg rappellent les étapes de la législation de la grande distribution afin de montrer combien il est difficile de faire évoluer la situation.
Au début des années 1970, une cinquantaine de grands magasins s’ouvrent en France menaçant la survie des petits commerces. Pour réguler la concurrence, la loi Royer oblige les surfaces de plus de 400m² à verser une taxe. Pour éviter le développement de ces grands espaces commerciaux, il est désormais obligatoire d’en demander l’autorisation auprès d’une commission départementale d’urbanisme commercial. Toutefois, la grande distribution est parvenue à s’imposer grâce à un subterfuge : elle a demandé la création de petites structures puis a pu les agrandir sans aucune difficulté, en échange de quelques arrangements financiers avec la commune concernée…

La loi Royer s’est donc révélée être un échec et les auteurs Pierre Cahuc et André Zylberberg ne manquent pas de donner quelques anecdotes croustillantes pour montrer l’ingéniosité des grands distributeurs qui sont parvenus à s’installer massivement en France en              quelques années.

Une vingtaine d’années plus tard,
Jean-Pierre Raffarin alors ministre des PME propose une nouvelle loi visant à remettre à l’honneur le commerce et l’artisanat. Il veut lutter à la fois contre le développement des grandes surfaces et l’arrivée du hard discount. Il s’avère finalement que la loi Raffarin protège davantage les grandes surfaces qui proposent les mêmes produits que le hard discount mais à des prix plus élevés. Le petit commerce est donc écarté de ce projet. Puisque la loi Raffarin prévoit des demandes d’autorisation auprès de la commission départementale d’urbanisme commercial pour les surfaces de plus de 300 m², les grands distributeurs ont eu l’idée d’ouvrir de petites surfaces dans les centres-villes, concurrençant directement les commerces de proximité et favorisant une concentration de leurs enseignes. Encore une fois, la loi pour contrer l’établissement des grandes surfaces a échoué.
En 1996, la loi Galland porte sur « la loyauté et l'équilibre des relations commerciales » : les tarifs du fournisseur doivent être publics et identiques pour tous les distributeurs afin d’empêcher les grands groupes de casser les prix. Cette loi a tenté d’équilibrer les rapports entre les producteurs et les grandes surfaces mais a été un frein à la baisse des prix. Le consommateur est le seul à être floué.


Le projet de réforme de Nicolas Sarkozy : favoriser la concurrence

Dès son arrivée à l’Elysée, Nicolas Sarkozy veut réformer les lois Raffarin et Galland afin de permettre une véritable concurrence entre les commerces, l’objectif étant de baisser les prix et de relancer la consommation. Le projet de loi de modernisation de l’économie (loi LME) effraie à la fois fournisseurs, distributeurs et petits commerçants puisqu’elle s’ouvre à une libre concurrence. Les négociations entre fournisseurs et distributeurs ne seraient plus soumises à des contraintes. Les fournisseurs pourraient vendre au prix qu’ils le souhaitent leurs produits aux différents distributeurs, le but étant de faire baisser les prix dans les rayons des surfaces. Mais cette proposition suscite la colère des fournisseurs qui ne seraient plus protégés. Ils demandent qu'une loi les oblige à rendre publique la justification de toute différence tarifaire accordée à un distributeur. Or, cette précision dans la loi serait un frein à la concurrence puisque tout distributeur se rendant compte de la différence de prix pourrait contester le motif et demander à obtenir les mêmes avantages que ses concurrents.


Les députés UMP ont choisi les fournisseurs contre les consommateurs

Les parlementaires, le groupe UMP en tête, est en parfait accord avec les fournisseurs : ils souhaitent également que soient rendues publiques toutes négociations entre fournisseurs et distributeurs. Finalement, le Parlement s’est opposé à la proposition de la loi LME sur le développement des grandes surfaces et a voté plusieurs amendements afin de limiter leurs autorisations et proposé un plus grand pouvoir de décision des maires. L’objectif n’étant pas, pour les députés, de faire baisser les prix des consommateurs mais de permettre aux petits commerçants de survivre.

Au final, Pierre Cahuc et André Zylberberg sont plus que pessimistes sur la situation du commerce de détail.
Non seulement la loi ne permet pas de concurrence entre les différentes surfaces mais surtout, les prix restent aussi élevés.
Les grandes enseignes ont le monopole et peuvent poursuivre leurs manœuvres en toute quiétude au détriment du fournisseur et surtout du consommateur, grand perdant dans cette affaire.

 


source: politique.net

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commentaires

Vincent ROCHEREAU 29/06/2009 09:22

"CARREFOUR : LES ROIS DU MONDE À LA ROCHELLE"
Bonjour, Un petit coup de gueule, La rochelle, de par les rachats d'enseignes historiques (Rachat des "disques bleus", ex-euromarché)se retrouve aujourd'hui avec un équipement commercial composé de 2 hypermarchés CARREFOUR et de 2 LECLERC.
Je ne travaille pour aucun des deux, ni pour aucune autre enseigne de distribution.
Un constat : l'absence de concurrence entre ces enseignes : CARREFOUR, centrale nationale, est à la ROCHELLE "le roi du pétrole"... je m'explique, 2 hypermarchés, et pour seule concurrence 2 LECLERC. Pour rappel, les directeurs de LECLERC sont propriétaires des magasins (contrairement à CARREFOUR) et donc, pour soigner leur compte d'exploitation et améliorer leurs marges, préfèrent suivre des CARREFOUR , tous deux (Angoulins et Puilboreau) sans concurrence, donc assez à l'aise sur leur marge.
Bref tout le monde soigne sa marge... sans tenir compte du consommateur...
Pour finir, CARREFOUR viens de racheter CHAMPION, donc même en supermarché de proximité CARREFOUR vérouille en distribuant chez CHAMPION une gamme CARREFOUR à TASDON, pour le grand plaisir des INTERMARCHÉS, qui sont aussi des gérants, tout comme LECLERC, directement interréssés a leur marge...
plus c'est haut, plus ça rentre...
Donc CARREFOUR mène le bal tout seul, CHAMPION est aféodé, INTERMARCHE et LECLERC engrengent sans faire trop de bruit...
Pas de concurrence entre hyper, et de moins en moins entre super de proximité...
Reste le HARD-DISCOUNT, mais avec des gammes beaucoup plus courtes, et sans profondeur (peu d'articles et moins de réferences), qui se contente de l'alimentaire.
LE DINDON DE LA FARCE : VOUS MOI, NOUS... Cette collusion n'est elle pas du domaine du monopole déguisé, voire d'une forme d'entente illicite entre ces enseignes ou d'abus de position dominante?
Une solution : aiguiser la concurrence pour redonner un peu de punch commercial, en transformant un des deux hyper carrefour en une autre enseigne (AUCHAN ou GEANT par exemple), bref, une enseigne nationale, composée de salariés, du directeur à toute l'équipe, qui, au bénéfice du consommateur mettrai un peu le feu au prix, et une plus grande agressivité commerciale... Alors question, à qui appartient le pouvoir de déclencher un processus de changement d'enseigne, sans forcement rajouter un troisième hypermarché, qui serait déstabilisant pour l'ensemble du tissu commercial local ?

anti.grande.surfaces 29/06/2009 17:39


Bonjour et merci pour votre commentaire… très perspicace.

 


Mais, il est évident que l’entente entre les enseignes, se fait au « niveau national » et plus au « niveau
local »…


A mon humble avis, si on veut faire réapparaître  la concurrence, le seul moyen est
de laisser s’implanter en France un ou plusieurs nouveaux distributeurs, afin de casser l’entente qui existe depuis des années entre eux.   



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